Abolition des quotas : Plus de bouchons de circulation, des chauffeurs beaucoup plus pauvres et des multinationales mortes de rire

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Montréal et Québec, le 20 mars 2019 – Certains rapportent ce matin que le ministre des Transports annoncera dans quelques heures la fin des quotas de taxi pour permettre à presque tous ceux qui le désirent de faire du transport rémunéré de personnes. Afin de dissiper des perceptions erronées, les Taxis du Grand Montréal (TGM), le Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ) et le Comité provincial de développement et de concertation de l’industrie du taxi (CPCDIT) exposent ici quelques conséquences du décontingentement des taxis ailleurs dans le monde.

Plus de bouchons de circulation. De plus en plus d’études américaines[1] démontrent que les villes qui ont décontingenté l’industrie du taxi subissent des bouchons de circulation 180 % supérieurs à ce qu’elles connaissaient il y a quelques années à peine. Il est maintenant démontré qu’Uber et Lyft vident les transports en commun pour mettre plus d’autosolos sur les routes. De plus, les chauffeurs d’Uber et Lyft roulent très souvent à vide, ce qui contribue à la congestion et à la pollution. Devant l’ampleur des problèmes causés par Uber et Lyft, New York vient d’imposer un plafond à ces entreprises, l’équivalent d’un quota.[2]

Des travailleurs qui crèvent de faim. Puisqu’Uber et Lyft, subventionnés par des fonds milliardaires californiens, font du dumping pour prendre le contrôle de marchés, ils cassent les prix.[3] C’est pourquoi Uber perd des milliards de dollars chaque année. Dans ce contexte, les travailleurs « autonomes » d’Uber et Lyft conduisent pour des salaires de misère[4], à un tel point que certaines réglementations tentent de leur imposer le salaire minimum.[5] De plus, les revenus du transport de personnes, qui permettent actuellement à 22 000 familles québécoises de vivre humblement mais dignement, seront divisés, dans un marché sans quota, entre des centaines de milliers de familles. Ainsi, plus personne ne pourra en vivre et tous les travailleurs seront dans une précarité financière constante et considérablement plus grande.

1 400 000 000 $ en compensations. L’industrie du taxi estime la valeur des permis de taxi au Québec à 1,4 milliard de dollars. Les pères et les mères de famille qui se sont endettés pour acheter des permis/quotas émis par le gouvernement du Québec n’accepteront pas un cent de moins. Ils seront exigeants parce que les banques à qui ils doivent ces sommes le seront aussi.

Des multinationales mortes de rire. Dans ce contexte où on augmente la congestion routière, où on appauvrit beaucoup de dizaines de milliers de travailleurs et où on compense les propriétaires de permis, il n’y a qu’un seul gagnant : les multinationales délocalisées, Uber, Lyft et les autres. Ces multinationales se dégagent de toute responsabilité. Elles prennent leur commission sur chaque course des pauvres diables qui travaillent pour eux. Elles ne contribuent pas à résoudre les problèmes de circulation qu’elles créent. Elles ne contribuent pas à entretenir les routes qu’elles endommagent. Elles ne cotisent pas au trésor public nécessaire pour aider les travailleurs appauvris et les 22 000 chauffeurs envoyés au chômage. Elles envoient leurs profits dans les paradis fiscaux et elles se rient des contribuables qui payent pour régler les problèmes qu’elles créent.

Il existe des solutions simples

Depuis des années, l’industrie du taxi propose des solutions simples au gouvernement :

  • Fusionner les territoires urbains de taxi. Cette mesure à coût nul aura pour effet de doubler la disponibilité des taxis comme ils roulent à vide entre 50 et 65 % du temps, simplement pour revenir dans leur territoire et avoir la possibilité de cueillir un client.
  • Créer un cadre uniforme pour tous les transporteurs. Actuellement, Uber Québec et sa formation raccourcie, grâce à un projet pilote, draine tous les nouveaux chauffeurs de taxi et crée une pénurie, surtout la nuit.
  • Créer un laboratoire du transport de personnes. En fusionnant les territoires urbains de taxi, le gouvernement du Québec récoltera souvent des permis qui n’ont pas trouvé preneur. Ces permis peuvent servir à évaluer des hypothèses de travail, comme celles d’Uber et Lyft, jusqu’à occuper 10 % d’un marché. Ces expériences n’auront pas d’impact sur le contingentement, comme les permis en question existent déjà et ne sont revendiqués par personne.

« Le gouvernement précédent avait tout donné à Uber et maintenu les taxis dans un cadre vieux et désuet. Nous espérons que celui-ci ne fera pas pire en détruisant le gagne-pain de 22 000 familles pour faire plaisir à des multinationales qui se fichent des Québécois. Éliminer les quotas est une solution simpliste, poussée par Uber, qui n’a que des effets néfastes pour le Québec. Le premier ministre Legault nous avait promis l’équité. Nous voyons mal comment détruire les bases de notre industrie peut être équitable, » expliquent Michel Aboujaoudé et George Boussios, porte-parole pour les TGM et Abdallah Homsy, porte-parole pour le RITQ et le CPCDIT.

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À propos des TGM

Avec un total de plus de 2 500 voitures et 5 000 travailleurs, Taxis du Grand Montréal et Rive-Sud (TGM) est le regroupement qui représente la majorité de l’industrie du taxi de l’île et de la Rive-Sud de Montréal. Les TGM représentent Allo Taxi, Taxi Angrignon, Taxi Atlas, Taxi Boisjoly, Taxi Champlain, Taxi Coop de l’Est, Taxi Coop de l’Ouest, Taxi Para-adapté, Taxi Pontiac, Taxi Rosemont et Taxi Union.

À propos du RITQ

Le Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ) représente les grandes organisations de taxi de la région de Québec, qui regroupent 95 % des permis de taxi de la capitale, près 500 voitures et plus de 1 000 chauffeurs. Le RITQ représente Taxi Coop 525-5191, Taxi Coop Beauport, Taxi Coop Charlesbourg et Taxi Coop Val-Bélair.

À propos du CPCDIT

Créé en 1995, à la demande des compagnies et des coopératives de taxi, le CPCDIT est un acteur de premier plan de l’industrie du taxi qui est consulté par les autorités gouvernementales. Le Comité parle au nom d’entreprises de taxi partout au Québec.


[1] https://www.businessinsider.com/uber-lyft-creating-traffic-cities-bruce-schaller-2018-7

[2] https://www.cnbc.com/2018/08/08/new-york-city-votes-to-cap-uber-and-lyft-vehicles.html

[3] https://www.journaldemontreal.com/2016/02/05/la-face-cachee-duber

[4] https://www.abc.net.au/news/2018-03-06/uber-x-drivers-working-for-half-the-minimum-wage/9513250

[5] https://www.washingtonpost.com/technology/2018/12/04/new-rules-guarantee-minimum-wage-nyc-uber-lyft-drivers/?noredirect=on&utm_term=.75e1b7d6daf7